Mercredi 18 novembre

Mercredi 18 novembre
Vu, à Garnier, « Joyaux » de Georges Balanchine, créé en 1967 pour le New York City Ballet et entré au répertoire parisien en 2000. « Joyaux », c'est une ballade devant les bijouteries de la 5ème avenue de New-York où le chorégraphe russe (il était natif de Saint-Petersbourg) a vécu aux débuts des années 30.
Les 3 ballets, Émeraude, Rubis et Diamants ont un point commun : les costumes et décors sont signés Christian LACROIX. C'est sobre, élégant, coloré.
« Émeraudes », le vert, sur une musique de Gabriel FAURÉ, avec Mélanie HUREL et Karl PAQUETTE, est du typique Balanchine : néoclassique sans créativité bouleversante.
« Rubis »,le rouge,sur une musique de Stravinsky, avec Christine LAGNIEL au piano, est sûrement le ballet le plus riche des trois : Claire-Marie OSTA, Mathias HEYMANN et Émilie COZETTE y sont resplendissants même si cette dernière est si grande que la grâce est plus difficile à percevoir.
Enfin « Diamants », le blanc, sur une musique de Tchaïkovski, avec Delphine MOUSSIN et Mathieu GANIO achève la soirée avec une oeuvre où le corps de ballet, mobilisé en plus grand nombre, affiche ses capacités et ses qualités profondes. Un détail – mais en est-ce un ? - pourtant : deux petites fautes techniques de l'Etoile, à la réception d'un saut d'abord, au lever d'une jambe heurtant son partenaire ensuite, nous montrent exceptionnellement que si tout est parfait dans ce corps de ballet, il y a toujours place pour la faiblesse humaine.

Un bijou de soirée ?
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# Posté le jeudi 19 novembre 2009 03:44

jeudi 12 novembre

jeudi 12 novembre
Les hasards des travaux de l'Assemblée Nationale m'obligeaient à y être mardi 10 au soir et jeudi matin tôt.
Le 11 novembre férié serait donc pour moi parisien. Je choisis donc de me « gaver » de la richesse culturelle de la capitale pendant ces 24 ou 36 heures... Résultat : un film, deux spectacles chorégraphiques, trois expos !

 - un film d'abord « Mademoiselle Chambon »de BRIZE avec Sandrine KIMBERLAIN et Vincent LINDON. Dans une petite ville de Provence, un maçon rencontre l'institutrice de son fils. Bien que tout les oppose dans leurs genres de vie (elle vit seule, est institutrice et violoniste, il est marié, père de famille et maçon...), une force étrange les pousse l'un vers l'autre dans un mode particulier puisque l'un et l'autre n'expriment pas facilement leurs sentiments par la parole. Le film devient alors l'histoire d'une liaison impossible dans le monde des silences. Des silences évocateurs. D'une très grande sensibilité.

 - deux spectacles chorégraphiques ensuite : d'abord, à GARNIER, le spectacle « MILLEPIED /PAUL / MAC GREGOR ». Je le dis d'entrée de jeu, avec « AMOVEO », Benjamin MILLPIED, le jeune chorégraphe français, de New York, ancien danseur du corps de ballet de l'Opéra, frappe un grand coup. Sur une musique de Philip GLASS et pour un dizaine de danseurs il propose un beau moment de danse contemporaine vécue non pas comme une rupture mais comme l'héritière naturelle de la danse classique. Et, le pas de deux, le « mano a mano », d'Aurélie DUPONT et Nicolas LE RICHE est une pure merveille. Ces deux-là sont des danseurs hors-norme.

Avec « Répliques » de Nicolas PAUL, autre jeune chorégraphe français contemporain, on trouve un ballet plus triste, plus fade. Au point qu'Isabelle CIARAVOLA y apparaît presque anonyme. (Mais peut-être est-ce une question de costumes ? Ces pyjamas amples ne sont pas valorisants...) - Enfin « GENUS » de Wayne MAC GREGOR, chorégraphe anglais est un ballet riche, dense et créatif. Pourtant, j'ai toujours une petite réserve vis-à-vis de ces chorégraphes qui exploitent voire « surexploitent » la vidéo.
De deux choses l'une : ou bien ils nous prennent pour des imbéciles qui ne comprennent pas le sens de leur chorégraphie (ici, le Darwinisme et ses lois si peu compatibles avec l'obscurantisme), ou bien ils n'ont pas assez confiance en eux et en leur talent et de peur de n'être pas compris, appellent au secours la vidéo.
Pourtant, dans ce genre de ballet, de jeunes pousses de l'opéra comme Alice RENAVAND montrent qu'elles sont bien mieux que « sujets ».

Le lendemain, au Théâtre de la Ville, un hommage à Pina BAUSCH est rendu avec « VOLLMOND ». J'ai dit ici mille fois l'immense estime que j'ai pour la chorégraphe allemande, l'animatrice exceptionnelle du TANZTHEATER de WUPPEERTAL, disparue il y a quelques mois. Son partenariat ancien avec le Théâtre de la Ville a été une très belle et très riche histoire. J'avais déjà vu « WOLLMOND » à sa création il y a trois ans et j'avais apprécié cette œuvre « aquatique » en diable même si, parfois, les mini sketchs théâtraux et impressionnistes qui l'étayent ne me convainquent pas... Mais, bon, j'ai revu ce ballet avec d'autant plus de plaisir que ce corps de ballet comporte en son sein deux danseuses indonésiennes (?... je crois...) que j'ai remarquées depuis longtemps et dont la souplesse et le charme sont éblouissants.
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# Posté le vendredi 13 novembre 2009 06:15

Jeudi 22 novembre 2009

Jeudi 22 novembre 2009
Le ballet du Capitole de Toulouse présente ces jours-ci à la Halle aux Grains de la ville rose, un spectacle « maîtres du 20ème siècle ».
Ca commence par « Thème et Variations » de Georges Balanchine sur une musique de Tchaïkovski. C'est du néo-classique délicieusement kitsch et désuet.
Ça se poursuit avec un premier ballet de Jiri KYLIAN sur une musique de Steve RICH, « Falling angels ». Le chorégraphe tchèque livre là pour une dizaine de danseuses et sur une musique exclusivement de percussions, un de ses chefs d'oeuvre. C'est envoûtant, rythmé, élégant, esthétique, émouvant. Du grand art.
« The vertiginous thrill of exactitude » de William FORSYTHE sur une musique de Franz SCHUBERT n'est pas le plus intéressant ballet de l'américain. Mais c'est agréablement divertissant.
Enfin, retour à Jiri KYLIAN avec « Symphonie in D » sur une musique de Joseph HAYDAN. C'est un ton en-dessous de « Falling angels » mais il est toujours plaisant de voir les chorégraphes contemporains les plus créatifs s'attacher à créer d'une façon moderne sur les musiques les plus classiques.
Au total, un spectacle riche, divers, équilibré au milieu duquel KYLIAN livre un chef d'oeuvre. Le ballet du Capitole y montre, en tous cas, qu'il est mieux qu'un corps de ballet de province.
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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 03:23

"La prospérité du vice, une introduction -inquiète – à l'économie " de Daniel COHEN

"La prospérité du vice, une introduction -inquiète – à l'économie " de Daniel COHEN
Lu «La prospérité du vice, une introduction -inquiète – à l'économie » de Daniel COHEN, chez Albin Michel.
Daniel COHEN, professeur d'économie à l'Ecole Normale Supérieure, vice-président de l'Ecole d'Economie de PARIS est un des plus brillants économistes français contemporains, s'inscrivant dans un tradition critique du libéralisme économique. Il est plus imprégné de progrès que de conservatisme, de régulation que d'amour aveugle du marché, de la nécessité de puissances publiques fortes et régulatrices que d'un laisser-faire irresponsable.
Et, il livre ici un travail ambitieux : à travers un survol audacieux de l'histoire économique du monde, il tente, avec « la prospérité du vice », de comprendre pourquoi et comment le monde en général, l'occident en particulier, a pu déboucher sur des impasses aussi dramatiques : comment l'occident, qui a tiré les populations hors de la famine et de la misère a-t-il pu déboucher sur deux guerres mondiales ?
Comment le capitalisme financier a-t-il pu, à force de course folle aux profits spéculatifs déboucher sur l'explosion systématique des « bulles » artificielles ?
Comment l'économie mondiale peut-elle menacer à ce point l'équilibre écologique de la planète ?
C'est une immense fresque qui est proposée par Daniel COHEN, qui nous fait passer de l'empire romain à Bill GATES, de la crise économique de 29 à celle des subprimes, de la domination de l'Allemagne dans les années 30 à celle des pays émergents, Chine et Inde en particulier. C'est facile à lire, et si parfois, le survol est vertigineux, il est riche et érudit.
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# Posté le mardi 10 novembre 2009 10:09

Assemblée Nationale - Commission Affaires Etrangères- projet de loi de finances 2010 « Action extérieure de l'Etat »

Assemblée Nationale - Commission Affaires Etrangères-  projet de loi de finances 2010 « Action extérieure de l’Etat »
Assemblée Nationale, mardi 3 novembre 2009
Intervention de Jean Glavany
Un bruit court dans les couloirs de cette assemblée, une rumeur s'est emparée de cet hémicycle, une nouvelle qui, paraît-il, pourrait bientôt être officielle et révolutionnerait sans doute l'Assemblée nationale : on aurait revalorisé les droits du Parlement !
Il y aurait, face à l'hyper-Président, un hyper-Parlement ! On annonce même sur tels ou tels bancs – si vous voyez ce que je veux dire – la naissance, sous x, d'un nouveau-né : la coproduction législative ! Bref, les rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif seraient rééquilibrés, le Parlement serait mieux écouté et le débat plus libre, car d'égal à égal.
Cela, c'est le mirage d'une révision constitutionnelle qui n'aura, finalement, convaincu que quelques naïfs. La réalité est tout autre.
Je ne reviendrai pas sur les difficultés inadmissibles rencontrées par le rapporteur François Rochebloine, qui les a remarquablement exposées tout à l'heure ; il l'a fait plus en détail devant la commission et a été largement approuvé dans son mécontentement.
Je vais revenir sur les propos tenus par mon excellent collègue et ami Jean-Michel Boucheron sur l'Afghanistan.
Nous sommes en guerre là-bas depuis huit ans, et nous n'en parlons pas dans cette enceinte. Nous avons 3 300 hommes qui se battent sur place, dans des conditions difficiles, sinon dramatiques, et nous n'en parlons pas ici. Pour être honnête et précis, nous en avons parlé il y a un an dans cet hémicycle, mais, depuis lors, rien !
Or, entre-temps, il s'est vraiment passé beaucoup de choses en Afganistan : une année de guerre – ici et en commission, on ose employer le terme, ce qui n'est pas le cas du ministre de la défense –, la plus meurtrière de ces huit années de guerre. Cela prouve que les choses ne s'arrangent pas, pour employer une litote ; mais nous n'avons pas le droit d'en parler devant le Parlement.
Le dispositif militaire a changé deux fois en un an : une première fois il y a environ un an, après l'élection de Barack Obama, qui a mis en place une stratégie militaire en rupture avec celle de son prédécesseur et, suivistes, nous n'en parlons pas ; une autre fois il y a quelques semaines, lorsque nous avons cédé le commandement de la région de Kaboul et concentré nos forces en Kapisa, mais la représentation nationale n'a pas le droit d'en être informée.
Un formidable débat public a lieu aux États-Unis, qui oppose le vice-président Joe Biden et une partie du parti démocrate aux généraux de l'état-major et à Mme Clinton, à propos d'une éventuelle révision stratégique. Ce débat envahit tous les médias outre-Atlantique et même en Europe, y compris en France, sauf au Parlement.
Apprendrons-nous la mise en place d'une nouvelle stratégie militaire prenant acte, par exemple, de l'impossibilité de sécuriser l'ensemble du territoire afghan et le repli des forces de l'ISAF sur les grandes zones urbaines en lisant les comptes rendus des débats des parlements des pays voisins ?
Cela ne vaut pas que pour la stratégie militaire. Il paraît que la diplomatie française aurait agi et fait pression pour qu'il y ait un deuxième tour à l'élection présidentielle afghane et que l'on reconnaisse les fraudes.
Est-ce exact ? Ici, nous n'avons pas le droit de le savoir.
Il paraît que la diplomatie française pousserait à un accord politique entre le président Karzaï, probablement réélu, et son principal opposant, M. Abdullah Abdullah. Est-ce exact ? Pourquoi le Parlement n'en serait-il pas informé ?
Bref, je vais m'arrêter là, car je pourrais dresser la liste des choses qui changent de jour en jour en Afghanistan sans que l'on n'en parle jamais dans cet hémicycle, alors que nos soldats sont engagés là-bas.
Je veux le dire simplement et solennellement : le Parlement n'est à ce point tenu à l'écart dans aucune démocratie digne de ce nom dont des forces militaires seraient engagées dans une guerre. On atteint même le ridicule et le choquant, le grotesque absolu, lorsque le président du groupe socialiste s'adresse au Premier ministre pour demander et exiger ce débat et que ce dernier répond : « Si vous le voulez, vous pouvez le faire, dans l'une de vos niches parlementaires ! »
C'est proprement ahurissant : on est en guerre, mais on ne pourrait en parler ici que si l'opposition le fait sur son temps de parole.
J'en ai fini, monsieur le ministre. Cette situation est choquante, inacceptable. Nous souhaitons que le Gouvernement y mette enfin un terme.
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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 04:12