Des Primaires au PS ?

Interview de Jean Glavany dans le quotidien « La Provence »- Propos recueillis par Hervé Vaudoit – « Les primaires au PS ? »

Jean Glavany, député PS des Hautes-Pyrénées
- Une partie de vos amis pensent qu'une primaire à l'américaine, c'est ce qui manque au PS – voire à toute la gauche – pour désigner un candidat capable de battre Sarkozy en 2012. Et vous ?
Jean Glavanny : Je suis très dubitatif. Si le débat, c'est la participation de personnes extérieures au PS, comment expliquer aux militants qu'ils n'auront pas plus de droit que n'importe qui pour désigner leur candidat ? S'il s'agit d'une démarche de rassemblement pour un candidat unique, encore faut-il que les autres formations de gauche en veuillent, ce qui n'est manifestement pas le cas. En France, c'est traditionnellement le 1er tour de la présidentielle qui sert de primaire.
- Au risque d'une dispersion préjudiciable face à un candidat qui incarne toute la droite ?
J.G. : L'histoire a montré que les primaires n'étaient pas une nécessité absolue pour la gauche, même si le PS a pour habitude de désigner ses candidats à toutes les élections par un vote des militants. Rappelons-nous que Mitterrand n'était pas le candidat unique de la gauche au 1er tour en 1981 et en 1988. Ce sont pourtant les deux seules présidentielles gagnées par la gauche dans toute l'histoire de la V e République. Le mauvais état de la gauche n'est pas dû au fait qu'elle n'a pas recours à des primaires pour désigner son candidat. Mais à l'absence d'idées, de projet, de ligne et de stratégie politique. Je suis ahuri que certains, au PS, puissent penser que ce problème politique sera résolu par une primaire. Je ne crois pas aux miracles et encore moins aux recettes miracles.
- Même si elle n'est pas miracle, quelle est votre recette préférée ?
J.G. : Nous ne combattrons pas le bonapartisme de Sarkozy en l'imitant, en jouant l'envahissement médiatique pour masquer l'absence de projet, mais en travaillant sur le fond pour offrir une alternative solide à sa politique d'affichage. Plutôt qu'une primaire, ce dont a surtout besoin la gauche, c'est d'un programme de gouvernement autour d'une plateforme commune.
- Ça ne nous dit toujours pas quel processus de désignation vous paraît le plus indiqué ?
J.G. : Le système qui nous permettra d'incarner une ligne politique différente et de redonner espoir à la gauche. Je ne crois pas que cela passe forcément par une primaire, même je n'y suis pas hostile par principe. Ce n'est pas la procédure mais le projet politique qui permettra au PS de se remettre en ordre de marche. Dans la culture politique qui est la mienne, c'est plutôt le premier secrétaire qui devrait porter les couleurs du PS à la présidentielle, même si ça n'a plus été le cas depuis 1981. Je n'en fais pas une affaire politique, mais c'est peut-être une raison supplémentaire pour y revenir.
- Ce n'est visiblement pas le point de vue de Manuel Valls et Pierre Moscovoci, qui poussent déjà leur pion ?
J.G. : C'est vrai qu'en ce moment, des candidats, on en a plutôt trop que pas assez. Mais qu'ils se méfient : la valse des égos, ça peut se terminer au tout à l'égo.

Propos recueillis par Hervé Vaudoit
# Posté le lundi 22 juin 2009 10:24

tour du monde en 80 minutes

tour du monde en 80 minutes
« Le tour du monde en 80 minutes » de Béjart au Palais des Sports
Ce « tour du monde » là est la dernière création de Maurice BEJART, présenté donc sur scène pour la première fois sans lui.
Le ballet de BEJART, sans BEJART, reste du BEJART.
Sous l'autorité de Gil ROMAN, pantalon noir et tee shirt noir comme « Le Maitre », traversant la scène de temps en temps pour donner une impulsion, corriger un geste, redresser un errement – toujours comme le maitre ! quel mimétisme... –, ce tour du monde-là est encore plus varié que les intermittences de Proust. Il faut dire qu'on ne voyage pas seulement dans les sentiments mais à travers les continents.
C'est une heure et demie sans entracte – quel bonheur ! – à un rythme élevé, danseuses et danseurs superbes, esthétique des corps, des éclairages et des musiques confondus.
On en redemande.
Et on attend avec angoisse – ou espoir – que le véritable relais soit près avec la première chorégraphie de Gil ROMAN.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 03:02

Proust ou les intermittences du coeur

Proust ou les intermittences du coeur
« PROUST ou les intermittences du c½ur », ballet de Roland PETIT à Garnier
Ce ballet de Roland PETIT date de 30 ou 40 ans et reste un bel exemple de néo-classique contemporain. Le ballet est divers : il faut dire qu'il s'agit de danser des intermittences...Divers pas ses compositeurs, nombreux a être requis, divers pas ses scènes et pas ses ambiances, du romantisme jusqu'à la violence d'une raclée infligée à un homosexuel assumé par une bande de loubards (quel exploit physique pour la victime !). Au total, si rien n'accroche par une superbe exceptionnelle, on ne s'ennuie jamais. Il faut dire que le Corps de ballet est toujours à la hauteur de sa réputation.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 03:01

"Les Hortensias Blues" de Hugo BUAN

"Les Hortensias Blues" de Hugo BUAN
Lu « Hortensias Blues » de Hugo BUAN chez Pascal GALODE
C'est un copain qui m'a offert ce livre qui m'a d'abord attiré parce qu'il est publié chez Pascal GALODE qui m'avait aidé, il y a quelques années, à publier « Le Cap et la Route ».
Une fois dedans, on n'en sort plus puisqu'il s'agit d'un roman, policier contemporain qui se passe à Rennes, capitale bretonne, et dans lequel un commissaire de police « atypique » enquête sur une série de meurtres, tous commis dans un immeuble abritant des cabinets médicaux...
Ce n'est pas du Agatha Christie mais c'est divertissant et très facile à lire.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 03:00

"Cher amour " de Bernard GIRAUDEAU

"Cher amour " de Bernard GIRAUDEAU
Lu « cher amour » de Bernard GIRAUDEAU chez METAILLE
Le dernier livre de mon ami Bernard GIRAUDEAU est un carnet de voyages. Mais un carnet de voyages présenté sous une forme originale puisqu'il est rédigé comme une lettre d'amour à Madame T., la femme aimée, la femme rêvée, la femme attendue.
Et puis, deuxième originalité, le voyage ne nous emmène pas seulement d'Amérique du Sud à Djibouti, d'Indochine aux Philippines en passant par une croisière sur le navire-école « La Jeanne d'Arc » : il nous emmène aussi au pays du théâtre. Puisque, lors de ces voyages, l'auteur apprend, répète « Richard III », s'imprègne de ce texte qui devient comme un compagnon de voyage.
Enfin, voyage au pays de la maladie puisque Bernard parle à c½ur ouvert de son cancer qui lui impose un sacré voyage au sein de lui-même, de son corps, de sa vie.
Au total, l'ouvrage est d'une grande originalité. Et, peut-être plus encore, d'une grande sensibilité. Après « Un marin à l'ancre » et « Les dames de nage », on découvre un peu plus que notre ami acteur est devenu un vrai écrivain avec une écriture riche, travaillée, j'allais dire « ciselée », et une sensibilité d'une grande humanité.
A lire, absolument.
# Posté le mardi 16 juin 2009 02:58